Génération Y et travail

La génération Y, que l’on appelle également Millenials, « digital natives » ou new boomers, comprend les personnes nées entre 1980 et 2000. Elle compterait près de 16 millions de personnes en France, selon l’INSEE. C’est dans son rapport au travail que se distingue cette génération… Et ça tombe bien, j’en ai une à la maison 😊

Ne nous cachons pas les yeux, dans le monde du travail, dans les staffs RH voire dans les équipes de production, cette génération est synonyme au mieux d’étonnement, parfois au pire d’une certaine aversion. Il est évoqué de l’impatience, de la réticence face à l’autorité, de l’égocentrisme ou encore une certaine insatisfaction.

Mais quelle est la part, dans ce discours ambiant, de la réalité face au cliché ? On essaie de trier tout ça…

C’est la Génération connectée

Génération Y : Hyper Connectée

Là-dessus, on est tous d’accord. J’irai jusqu’à dire que c’est de l’hyperconnexion. L’influence des réseaux sociaux, de l’Internet en général et des médias est flagrante. Ces millenials sont des « digital natives », ils n’ont pas connu de monde sans web, et cela leur permet de maîtriser parfaitement la majorité des outils numériques. Hyperconnectée, cette génération évolue sous l’influence d’Internet et des médias. Les « digital natives » ont grandi dans une époque de transition technologique et maîtrisent parfaitement les outils numériques. Le pendant de cette hyperconnexion, c’est la dépendance !! Le smartphone, cet objet qui fait son apparition très tôt dans l’adolescence, est une source régulière de dopamine, sécrétion cérébrale particulièrement addictive, à l’origine de la joie et élément clé du système de récompense.

Quel sens à mon travail ?

Plus fortement que chez leurs ainés (bien que les choses évoluent), nos millénials sont en recherche d’un sens au travail. Et c’est un vrai facteur de choix pour eux ! La rémunération reste bien évidemment un facteur important dans leur recherche d’emploi, mais ils seront attentifs à l’autonomie et à la possibilité de participer à des projets qui ont du sens à leurs yeux. Quitte d’ailleurs à accepter pour cela de perdre un peu de rémunération.

Ces « digital natives » sont attirés par les métiers « fun » et créatifs. Ils ont besoin que leur employeur les aide à se développer et évoluer dans leur carrière.

Démissionner ? Même pas peur…

Les outils numériques sont instantanés, la génération née avec eux est impatiente. Toute sa vie dans la même entreprise ? Difficile à imaginer pour elle. D’autant qu’il est inenvisageable de s’ennuyer ou d’avoir ne serait-ce que l’impression de ne pas pouvoir utiliser pleinement ses capacités. Si on leur donnait le choix, un millenial sur 4 quitterait son employeur actuel dans l’année qui vient, pour un autre employeur ou pour faire quelque chose de différent. Ce n’est d’ailleurs par forcément leur employeur qu’ils veulent quitter, mais ils privilégient d’avantage que leurs ainés le développement de leurs compétences et le désir de changer régulièrement d’environnement de travail. De la diversité d’expériences donc.

Le management doit-il être pour eux sans autorité ?

Alors, reprenons. Donc cette génération serait plus « volatile », ne redoute pas de quitter un employeur pour trouver « mieux ». L’enjeu lié au management serait donc particulièrement important. Il est en effet probable que le management autoritaire ne fonctionne pas. L’empathie, l’écoute, des objectifs stimulants, des missions intéressantes, des encouragements sincères, de l’ouverture aux suggestions, ce sont les outils du manager face aux millenials. Et là, vous allez me dire… On est d’accord, du management positif !!! Du participatif, de la coopération, de l’entraide, des challenges collectifs. Et du bien-être au travail, qui passera par la communication interne et le leadership de l’encadrement, en capacité d’offrir une vraie Direction à ses équipes.

Dans l’openspace tu travailleras ?

Pour conclure cette rapide réflexion autour de cette génération Y, revenons sur le lieu de travail. Et si finalement, il n’y avait pas tant de différences que ça entre les générations ? Est-ce que cette génération Y n’est pas tout simplement une vue de l’esprit, cet absolu besoin de vouloir classer les choses et les gens dans des cases « lisibles » ?

Une étude de l’ESSEC Business School réalisée en 2018 a montré que 87% veulent se rendre à un bureau, 83% estiment qu’il est important d’avoir un bureau attitré et 57% souhaitent un bureau fermé ou partagé…

Et là, c’est le drame !! La génération Y souhaite un ancrage, un territoire sur le lieu de travail. Ils expriment également dans le fait de se rendre au bureau un moyen de séparer au mieux leur vie privée et leur vie professionnelle. 

Ma conclusion après tout ça ?

Finalement, les traits mis en avant concernant cette génération Y, ne serait-ce pas plutôt le fait de sa jeunesse ? Est-ce que finalement, les babyboomers n’avaient pas les mêmes traits de caractères il y a quelques années ? Nous avons encore un vrai travail de tri à réaliser pour évacuer les clichés.

Quant à mon analyse très parcellaire de la génération Y que j’ai à la maison, et qui est probablement loin d’être un échantillon représentatif, je retrouve en elle :

  • Cette hyper-connectivité bien sûr, mais autour de laquelle elle arrive à prendre un certain recul. Le bain de réseaux sociaux lui permet d’avoir constaté le manque de fiabilité manifeste de certaines lectures, de tendances ou de personnes.
  • La recherche de sens est, de mon avis, fortement présente. Elle est là dans le travail, mais plus largement dans toute action réalisée. La consommation, l’alimentation, les loisirs, les relations, tout ce qui fait la vie est mesuré à l’aune du sens qui est apporté. Il faut de la cohérence avec son éthique de vie.
  • L’envie de voir plusieurs entreprises n’est pas, pour moi, une envie mais une protection. Elle se prépare à une vie professionnelle diverse, peut-être chaotique, sûrement moins stable que ses ainés. Elle a grandi en sentant les peurs de ses parents, le chômage, la précarité, les difficultés de fin de mois, et par protection, les considère comme des éléments partie intégrante de son avenir professionnel. Elle doit les prendre en compte pour les contrer, plutôt que d’en avoir simplement peur. Le désir de voir grandir ses compétences, quitte à sembler « infidèle » à un employeur, c’est en quelque sorte sa garantie de rester employable à tout instant.
  • Concernant la Qualité de Vie au Travail, oui, c’est un élément qui est bien présent. Sans être prépondérant, la relation humaine de qualité est mise en avant dans son discours. On est là, de nouveau, dans le sens et l’éthique.

Et vous, que pouvez-vous nous dire de vos millénials ?

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2 thoughts to “Emploi, management, organisation, bien-être au travail : Quelles sont les attentes de la génération Y?

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    JOUREAU GILLES

    Bonjour

    Merci pour l’envoi de cette lettre
    Bien rédigée et agréable à lire.
    La fin du confinement que je préfère appeler allègement du confinement ouvre e grandes perspectives
    A

    Répondre
    • Thierry
      Thierry

      Bonjour,

      Merci Gilles, au plaisir de te voir !!!

      Répondre

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