Neoenso dédie cette série d’articles aux origines des pratiques consacrées à la Qualité de vie au Travail.

# L’Ergonomie

L’Ergonomie, de quoi parle-t -on vraiment ?
Dans l’imaginaire collectif, quand on évoque l’ergonomie, on associe l’étude du poste de travail et l’adaptation de celui-ci à l’homme. Nous allons voir que cette discipline est beaucoup plus large.

Ainsi, l’ergonomie est réduite la plupart du temps à l’étude de postes, alors que celle-ci investit de nombreux autres champs (Sociologie, organisation, médecine…). Regardons de plus près cette méthode et découvrons ce qu’elle est devenue au fil du temps.

Etymologie- La Loi et le Travail

Venant du Grec ancien : érgon « travail » et nomos « loi ». Le mot a été créé par Wojciech Jastzebowski (biologiste) en 1857. On peut traduire par « La science qui étudie les actions du travail ». On notera que ce nom a été créé à l’aube de notre aire industrielle.

L’Origine et le développement :

Dans l’antiquité, certains philosophes grecs s’interrogent sur le lien entre le travail et le développement de certaines maladies. A la renaissance, c’est Ramazzini (Médecin Italien) qui fait la relation entre le développement de maladies et certains métiers.

Il faut attendre le milieu du 20ème siècle pour que cette discipline obtienne ses lettres de noblesse. Dans cette période d’après-guerre, les études se portent principalement sur l’efficacité de l’homme au travail (méthode américaine).

Au cours des années 70, l’ergonomie est devenue pluridisciplinaire et adopte des méthodes d’analyses globales, dorénavant ses fondements s’appuient sur diverses sciences (philosophie, médecine, économie, biologie, psychologie et psychologie du travail, etc).

« L’ergonomie est bien plus que cette étiquette qui, apposée sur les produits grand public, nous en vante leur facilité d’utilisation. L’ergonomie, c’est une démarche d’analyse et de transformation du travail, dont la nécessité s’impose aujourd’hui aux entreprises et à leurs salariés. L’ergonomie est interpellée sur la prévention des risques encourus par les opérateurs, sur la fiabilité des systèmes complexes, sur les conséquences de l’informatisation et de l’automatisation du travail, sur la conduite de projets de conception. »    Maurice de Montmollin

Objectif et Méthode :

Aujourd’hui, deux grands « courants » sont pratiqués en France :

L’ergonomie de « l’activité » : Cette méthode analyse la situation de travail dans sa globalité, elle permet de mettre en résonance l’ensemble des tenants et aboutissants (l’objectif défini, l’objectif atteint, la situation de travail, le contexte social etc). Ce courant est très répandu dans les pays francophones grâce en particulier à – entres autres – François Daniellou (professeur d’Ergonomie), François Hubault (Ergonome) ou encore Antoine Laville (médecin).

L’ergonomie « du ou des Facteurs Humains » : Cette approche aborde les postures du corps, les ambiances de travail, la cadence etc… elle est très utilisée pour définir les standards de productions ou des normes.

Sans être réducteur, et comme évoqué au début de cet article, l’ergonomie s’est nourrie de nombreuses sources, ce qui lui permet d’opérer dans les domaines suivants :

  • L’activité physique de l’homme au travail. L’étude porte sur les éléments anatomiques, physiologiques, musculaires en situation de travail
  • L’activité cérébrale, l’étude des comportements cognitifs, mentaux, les raisonnements et interactions homme-machine.
  • L’optimisation organisationnelle, l’efficacité des organisations du travail, les circuits de décision et de l’information.

L’étude en ergonomie

La réalisation d’une étude ergonomique repose sur 3 grands principes.

Elle est GLOBALE :

L’ergonome doit avoir une vision globale pour rédiger son étude. Pour exemple, celui-ci intervient sur une chaine de production, il étudiera de fait les mouvements répétitifs des ouvriers mais pas uniquement. Il sera essentiel de s’intéresser à la communication entre les intervenants, à la méthode de management, à la mise en place d’objectifs, …

Elle est PARTICIPATIVE :

Donner la parole aux hommes et aux femmes travaillant dans l’entreprise est indispensable. Pour obtenir des informations, les collaborateurs sont les mieux placés pour transmettre l’ensemble des éléments de contexte.  La parole donnée est également nécessaire pour faire adhérer l’ensemble du groupe au projet. 

Elle est PLURIDISCIPLINAIRE :

L’ergonomie revendique une multiplicité d’inspirations, un ergonome ne peut être spécialiste de l’ensemble des champs l’ayant inspiré, pour mener à bien son projet il devra et saura s’entourer d’experts ( Médecine du travail, Ingénieurs, …) venant enrichir ses propres réflexions.

Modèle d'analyse en ergonomie de l'activité

Pour conclure…

Nous laissons la parole à Isabelle Tricot (ergonome diplômée, référencée auprès de la CARSAT Centre Val de Loire – IPRP), membre du réseau NEOENSO, pour qu’elle nous donne sa vision de l’ergonomie :

Isabelle Tricot

L’ergonomie de l’activité va bien au-delà de l’aménagement des espaces de travail. L’ergonome prend en compte tous les aspects du poste de travail (environnement, règles et consignes, …) pour en identifier les contraintes. Il va analyser ce que ces contraintes apportent physiquement et mentalement à l’homme dans sa globalité. Une fois les contraintes identifiées, on analyse ce que la personne met en œuvre (compétences, qualités, savoir-faire, savoir-être) pour arriver à son objectif.

L’objectif de l’ergonome est d’amener l’ensemble des acteurs à une prise de conscience globale de l’activité de travail, des ressources et des contraintes pour ensuite amener les équipes à co-construire des axes d’améliorations et d’évolution pour diminuer ces contraintes.

L’ergonomie de l’activité vise donc une performance globale de l’entreprise. 

Retrouvez prochainement un nouvel article  » Mieux Être au Travail, Toute une Histoire ».

Partagez ce contenu ...
Share on Facebook
Facebook
Pin on Pinterest
Pinterest
Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on LinkedIn
Linkedin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *